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La Révolution américaine est une période de changements politiques importants provoqués par l'insurrection des habitants des treize colonies d'Amérique du Nord contre la Grande-Bretagne à la fin du XVIIIe siècle. Moment fondateur de la nation américaine et de la naissance des États-Unis, la révolution se manifesta par des violences contre les autorités britanniques, d'une guerre contre la métropole et de troubles sociaux. Après la guerre de Sept Ans (1756-1763), la Grande-Bretagne imposa des taxes à ses treize colonies d’Amérique du Nord sans les consulter ; les colons américains protestèrent auprès du roi George III et du Parlement du Royaume-Uni, puis initièrent une révolte que la métropole tenta d'étouffer l'affaire en envoyant des troupes. Le 4 juillet 1776, les représentants des colonies réunis à Philadelphie adoptèrent la déclaration d’Indépendance, et, après une série de revers de l’armée continentale commandée par George Washington, la guerre contre la Grande-Bretagne tourna à l’avantage des Américains. Les insurgés (en anglais : insurgents) reçurent l’aide de volontaires français, puis du gouvernement de Louis XVI, de l’Espagne et des Provinces-Unies. En 1783, Londres dut reconnaître l’indépendance des États-Unis. Le nouveau pays se dota d’une Constitution (1787) qui s’inspirait de la philosophie des Lumières. George Washington fut élu président en 1789 ; mais les premières années du nouveau pays furent marquées par des oppositions politiques et des tensions sociales. La Révolution américaine créa un nouvel État, une République fédérale dotée de nouvelles institutions. Elle fit émerger une nouvelle nation, distincte du peuple britannique, avec ses symboles et ses mythes fondateurs. Elle eut un retentissement important en Europe, notamment en France. Elle provoqua d'importants changements intellectuels guidés par les idéaux républicain et démocratique, qui forment toujours aujourd'hui les valeurs américaines. Elle donna lieu à des textes de référence (Déclaration d'indépendance, Constitution), dans lesquels sont affirmés les droits à la liberté, à l'égalité et à la recherche du bonheur. Moment fondateur de l'histoire du pays, la Révolution américaine suscita également des oppositions entre les tenants d'un État central fort et ceux qui préféraient donner plus d'autonomie aux États fédérés. Elle suscita également des tensions entre les Pères fondateurs au sujet de la place du peuple dans la politique. Le sujet fit par la suite l'objet de nombreux débats historiographiques sur la nature des événements et leur influence en Europe. La Révolution américaine marqua de façon durable la culture américaine en inspirant les écrivains, les peintres et les cinéastes. modifier Contexte : les treize colonies américaines vers 1775modifier Cadre géographiqueLes treize colonies britanniques (originellement anglaises) se sont formées entre le début du XVIIe siècle et le premier tiers du XVIIIe siècle, sur plusieurs centaines de kilomètres le long de la côte atlantique (voir la carte). Leur géographie, leur population, leur économie et leurs institutions étaient alors marquées par les différences. Les communications entre les colonies étaient lentes et souvent difficiles : les routes existantes étaient en mauvais état et il existait peu de ponts1. modifier PopulationVers 1770, la population totale des treize colonies s’élevait à environ 2,1 millions d’habitants2. Depuis leur fondation, les colonies ont connu une forte croissance démographique liée à l'immigration mais aussi à une importante natalité. La densité de population était relativement faible. La plupart des colons vivaient à la campagne et la population se concentrait sur le littoral, où se trouvaient les principales villes, parmi lesquelles Philadelphie était la plus peuplée (45 000 habitants en 17803), dépassant Boston ou New York. modifier Société
Les colons américains dépendaient du commerce maritime avec la Grande-Bretagne. Gravure représentant le port de Salem dans les années 1770.
La société coloniale américaine était diverse : à côté de la majorité britannique vivaient des Allemands, des Suisses, des Hollandais, des Irlandais, des Écossais, des Scandinaves et des Français4, surtout dans les colonies du nord et du centre. Pour l'historien Fernand Braudel, ce mélange ethnique aurait favorisé la séparation d’avec la Grande-Bretagne5. Les pratiques religieuses variaient également : si les élites étaient de confession protestante, elles étaient divisées en plusieurs courants. Les Juifs et les catholiques, qui suscitaient de la méfiance, formaient les principales minorités religieuses. À la veille de la Révolution américaine, les colons d'origine européenne appartenaient à des groupes sociaux différents. Si le régime seigneurial et féodal était quasiment absent des treize colonies6, une autre hiérarchie, fondée sur la propriété foncière et la fortune, existait. L'élite était formée des gouverneurs, des planteurs, des grands négociants et armateurs. Ensuite, on trouvait une catégorie d'artisans, de représentants du roi, de fermiers et de petits commerçants : ces classes moyennes représentaient 40 % de la population totale7. Les marins, les tenanciers et les domestiques occupaient le bas de l'échelle sociale. Les indentured servants (appelés « engagés » en Nouvelle-France) constituaient un sous-prolétariat blanc dont la condition était proche de celles des esclaves8 : il s'agissait de prisonniers, de femmes et d'enfants envoyés de gré ou de force afin de peupler le Nouveau Monde et de travailler dans l'agriculture. Dès l'époque coloniale, les écarts sociaux se creusèrent7. Les différents groupes de colons manifestaient des intérêts divergents qui suscitèrent des tensions, voire des révoltes dans les villes et les campagnes. Les élites éclairées étaient soucieuses de maintenir l'ordre social et de protéger de leurs propriétés. Les autres colons souffraient davantage des mesures fiscales britanniques et des inégalités foncières. Les tensions sociales étaient attisées par l’action de certains prédicateurs et relayées dans les lieux de sociabilité urbaine : les tavernes et les auberges étaient des lieux d'information, de débats et de réunion. La presse joua également un rôle actif dans la fermentation révolutionnaire. L'importance numérique des Afro-américains était notable : entre 1750 et 1780, leur nombre est passé de 236 000 à 575 0009. La plupart des Noirs se concentraient dans les colonies du Sud et étaient esclaves. Cependant, une minorité de Noirs affranchis vivaient dans les villes. Dans les limites du territoire américain de 1790, le nombre d'Amérindiens est évalué entre 100 et 200 000 personnes10. Hannah Arendt11 se basant sur les témoignages des voyageurs européens de l'époque estime que si aux États-Unis, la pauvreté existait, par contre la misère si fréquente alors en Europe n'y existait pratiquement pas. Pour elle, ce point expliquerait en partie, pourquoi la révolution américaine fut si différente de la Révolution française12. modifier Gouvernement
Palais du gouverneur, Williamsburg (Virginie).
Chaque colonie possédait un statut politique propre qui dépendait de son histoire. On distinguait habituellement trois catégories : les colonies à chartes étaient réglementées par des chartes octroyées par le souverain à des compagnies maritimes privées. Les fondations des colonies de propriétaires reposent sur l'initiative d'un grand personnage, le Lord Proprietor. Les citoyens y choisissaient leur gouverneur. Enfin, les colonies de la couronne (ou colonies royales) bénéficiaient d'une constitution rédigée par le pouvoir royal. Les gouverneurs exerçaient le pouvoir exécutif au nom du roi et disposaient des forces armées. Ils étaient secondés par les agents des douanes ou encore les enquêteurs des revenus royaux13. Le conseil du gouverneur possédait des attributions judiciaire, administrative et législative. Équivalent d'une chambre haute, il avait un rôle consultatif13. Enfin, chaque colonie avait une assemblée qui discutait et réglait les problèmes locaux, mais aussi le budget et l'équipement de la milice, avec l'accord du conseil. Elle pouvait envoyer des agents afin de présenter des pétitions et des requêtes à Londres13. Les town meetings du Massachusetts permettaient aux colons d'exercer une forme de démocratie directe. L'éloignement et l'immensité du territoire colonial permettait aux Américains de disposer d'une relative autonomie locale14. modifier Économie
Old State House (1713) à Boston. Ce bâtiment accueillait les assemblées de la colonie du Massachusetts.
Les treize colonies formaient un ensemble économiquement prospère15. Au nord, la Nouvelle-Angleterre vivait de l'artisanat, du commerce maritime et de pêche. Les marchands de Boston faisaient du commerce avec les Antilles : ils exportaient du bois, de la farine, du poisson, de l'huile de baleine et importaient du sucre, des mélasses, du tafia16. Ce commerce stimula la production métallurgique et textile, de même qu'elle permit le développement des chantiers navals et des distilleries17. Dans les colonies du centre18 l'agriculture était diversifiée et l'élevage omniprésent. Marquées par un climat subtropical humide, les colonies du sud19 vivaient essentiellement d'une agriculture commerciale dynamique (exportations de tabac, indigo, céréales). Les planteurs utilisaient une main d'œuvre servile qui travaillait sur de grandes exploitations. L'aristocratie blanche vivaient sur ces domaines et se faisaient construire de belles demeures. Le Sud était majoritairement rural et les villes étaient rares et relativement peu peuplées (Charleston, Baltimore et Norfolk). modifier Causes structurelles : les relations coloniales avec la Grande-Bretagnemodifier Impérialisme britanniqueAprès la guerre de Sept Ans, les autorités britanniques commencèrent à réfléchir sur l’empire britannique à son apogée. Entre 1770 et 1782, les tories au pouvoir rêvaient d'affermir la domination coloniale et de renforcer la centralisation20. Partisans du protectionnisme, ils cherchaient à appliquer strictement le système mercantiliste en renforçant le monopole commercial, en encourageant les compagnies maritimes et en luttant contre le commerce de contrebande. Les tories se heurtaient à l'opposition des whigs, favorables à la liberté de commerce, mais aussi à celle des négociants américains. En Amérique, les lois locales, élaborées par les assemblées et confirmées par le roi, étaient en principe inférieures aux lois britanniques, votées par le Parlement britannique. Pourtant, les assemblées coloniales n'hésitaient pas à empiéter sur les prérogatives des gouverneurs en usant de leur droit de regard. Devant la montée en puissance du « régime d’assemblées »21, Londres chercha à renforcer son autorité après 176322. La métropole craignait alors une expansion des treize colonies vers l'Ouest23 qui aurait créé un déséquilibre et mené à l'indépendance. modifier Contentieux économiqueL'économie des colonies était marquée par le mercantilisme et l'exclusif : par ce système, la Grande-Bretagne entendait garder le maximum de métal précieux24 et protéger l'industrie et l'artisanat britanniques. Les relations commerciales étaient réglementées par les actes de Navigation : les colonies exportaient des matières premières sur des vaisseaux britanniques. Elles étaient transformées en Grande-Bretagne pour être ensuite vendues à l'étranger. Les produits manufacturés dans les colonies ne devaient pas être exportés et certaines marchandises devaient même venir de la métropole25. En retour, les colonies américaines ne devaient acheter que des produits britanniques24. Les navires étrangers qui commerçaient avec les colonies devaient passer par un port britannique afin de payer des droits de douane. En réalité, la distance avec la métropole et la corruption des agents des douanes en Amérique entraînaient un certain laxisme dans la perception des taxes26. Les navires américains traversaient même illégalement l'Atlantique nord pour les besoins du commerce. Cette entorse au mercantilisme et cette concurrence américaine inquiétèrent rapidement les marchands britanniques. Le développement économique des treize colonies suscita une certaine animosité entre les marchands coloniaux et les capitalistes de la métropole27. Les colons américains, en particulier les marchands de la Nouvelle-Angleterre, dénonçaient le monopole sur le trafic de certaines marchandises comme le thé. Ils regrettaient également le manque chronique de monnaie et leur dépendance vis-à-vis du crédit britannique28. modifier Émergence d'une identité américaineL'élite économique américaine se sentait souvent proche de la métropole et cherchait à imiter les classes supérieures qui vivaient en Grande-Bretagne. Ces grandes familles envoyaient leurs fils en étude en Grande-Bretagne29. Elles avaient intérêt à rester dans le giron de la métropole, à cause du système mercantiliste et de l'ordre qu'elle garantissait. Les classes moyennes étaient quant à elles moins attachées à la Grande-Bretagne. Les colons nés en Amérique se sentaient de moins en moins britannique. Aussi, malgré la diversité des colonies et de ses habitants, la politique impérialiste britannique fit naître un « patriotisme colonial » tourné contre la métropole30 et la formation d'une identité américaine. Depuis le XVIIe siècle, les colonies s'affirmaient enfin comme un îlot de relative tolérance religieuse31 qui contrastait avec la situation européenne. L'aspiration au bonheur et à la réussite individuelle, liée à la mobilité sociale et aux opportunités données par l'immense espace nord-américain, constituait l'un des fondements de cette identité américaine en formation32. Cependant, les dissensions entre colons et entre le colonies étaient très nombreuses. Les litiges concernant les frontières des colonies étaient fréquents. Au sein d'une même colonie, les intérêts divergeaient. Au Massachussets, les habitants de Boston s'opposent aux agriculteurs de l'Ouest de la colonie33. Les colons étaient procédurieurs et ne cessaient de s'intenter des procès34. Ce désordre n'empêcha pas la cause de l'indépendance de gagner du terrain car les colons pensaient que le déclin de la vertu était dû à l'oppression britannique. John Dickinson estimait que l'intéret privé avait plongé les Anglais dans une domestication et un abaissement de l'esprit35. modifier Influence des LumièresÀ la fin du XVIIIe siècle, Philadelphie était le « véritable centre des Lumières révolutionnaires36 », notamment sous l’impulsion du savant Benjamin Franklin (1706-1790). La cité était, avec Boston, le principal centre d’édition des treize colonies et la Pennsylvania Gazette (1723) joua un grand rôle pendant la Révolution américaine. La Société philosophique américaine était un cercle de discussions fondé par Benjamin Franklin. Les élites et les pères de la Révolution américaine lisaient les philosophes européens tels que John Locke, Charles de Montesquieu, Hugo Grotius, Cesare Beccaria37, Henry Home ou Thomas Hobbes. Les théories du philosophe britannique John Locke influencèrent le plus les acteurs de la Révolution américaine : l'idée du contrat social impliquait le droit naturel du peuple de déposer ses dirigeants. En revanche, les historiens trouvèrent peu de traces de la pensée rousseauiste en Amérique38. Les Pères de la Révolution américaine ont puisé dans l'analyse de la constitution britannique par Montesquieu, mais aussi dans les textes britanniques (Habeas Corpus, Déclaration des droits) pour rédiger les constitutions des États et du pays. Le républicanisme était l'un des principes idéologiques dominant dans les colonies à la veille de la Révolution. Les colons critiquaient le luxe ostentatoire de la cour et proposaient une vertu républicaine. L'idée que les hommes avaient le devoir civique de lutter pour leur pays se développa. modifier Montée des oppositionsLes années 1763-1774 voient la montée des oppositions coloniales face aux prétentions britanniques, marquées par une série de lois de nature fiscale, rapidement abrogées par le pouvoir central. Les résistances américaines au mercantilisme et à la politique fiscale de Londres dégénèrent parfois en émeutes et révoltes épisodiques encore peu menaçantes. modifier Conséquences de la Guerre de Sept Ans
Le roi George III de Grande-Bretagne.
La Guerre de Sept Ans (1756-1763) qui opposa les puissances européennes vidèrent les caisses de la Couronne britannique. Alors que les treize colonies étaient prospères, la Grande-Bretagne subissait une crise économique39. Londres décida qu'une partie des frais de guerre serait supportée par les colons américains. La Proclamation royale de 1763 avait trois principaux objectifs : organiser l’empire colonial britannique en Amérique du Nord et pacifier les relations avec les Amérindiens afin d'éviter la spéculation foncière. La Proclamation visait à apaiser les craintes indiennes d’une arrivée massive de paysans blancs sur leurs territoires. La « Frontière » attirait les migrants en quête de terres comme les Écossais suivis par les Allemands40. L'épuisement des sols à l'est des Appalaches et la pression démographique accentuèrent la faim de terre des colons. La Proclamation de George III interdisait aux habitants des treize colonies de s’installer et d’acheter des terres à l’ouest des Appalaches41. La Couronne se réservait une partie du bois américain42 ainsi que le monopole dans l’acquisition des terres indiennes ; elle garantissait la protection des peuples indiens41,43. Londres avait prévu la construction de forts britanniques le long de la limite de colonisation ; ce dispositif devait permettre le respect de la Proclamation mais aussi favoriser le commerce des fourrures avec les Indiens41. Le gouvernement britannique estimait que ces avant-postes assuraient la défense des treize colonies et que leur financement revenait donc aux colons41. La Proclamation royale de 1763 souleva le mécontentement des colons américains qui s’étaient déjà implantés dans ces territoires indiens. Ils devaient rendre la terre et revenir dans les treize colonies. Certains étaient persuadés que le roi cherchait à les cantonner sur la bande littorale afin de mieux les contrôler41. Les colons refusaient de financer la construction et l’entretien des avant-postes royaux sur la ligne définie par la Proclamation. L'éviction des Français du Canada en 1763 assurait la sécurité des treize colonies qui estimaient ne plus avoir besoin de la protection militaire britannique44. Les Américains supportaient difficilement les armées permanentes britanniques dans les colonies, alors que la paix était revenue ; la présence des troupes était perçue comme un instrument de la tyrannie britannique45. modifier Les loisLe 5 avril 1764, le Parlement britannique vota le Sugar Act : cette loi maintenait la levée de taxes sur le sucre et les mélasses importées de l'étranger, tout en les étendant à d'autres produits (de bois et de fer46). Elle provoqua une crise dans la production de rhum et souleva le mécontentement des marchands américains47. Quelques jours plus tard, le Currency Act interdisait l'émission de billets de banque dans les treize colonies et permettait à la métropole de contrôler leur système monétaire48. Les assemblées coloniales protestèrent vivement contre cette mesure destinée à renforcer la primauté de la livre sterling49. Le Stamp Act (1765), instituait un timbre fiscal obligatoire pour tous les documents officiels, les journaux et d'autres articles. Cette loi affectait tous les colons et non plus seulement les marchands et ne fut guère appliquée en raison des résistances et des pressions américaines. La Chambre des Bourgeois de Virginie adopta les résolutions de Patrick Henry sur le Stamp Act (Stamp Act Resolves). Elles déclaraient que les Américains possédaient les mêmes droits que les sujets britanniques, en particulier celui de ne pas être taxé sans le consentement de leurs représentants. Ceux qui soutenaient la prétention britannique de taxer les Virginiens seraient considérés comme ennemis de la colonie50. Le gouverneur Fauquier préféra dissoudre la Chambre des Bourgeois en réaction à ces propositions radicales. Le 24 mars 1765, le Parlement édicta un premier Quartering Act51 qui exigeait des assemblées coloniales de pourvoir aux besoins des troupes armées britanniques. La décision provoqua une série d'émeutes dans les villes américaines comme Boston ou Newport (Rhode Island). La résistance fut la plus forte à New York : l’assemblée refusa de financer les troupes et fut suspendue en représailles en décembre 1766. Vingt-sept délégués de neuf colonies se réunirent à New York du 7 au 25 octobre 1765 pour établir une position commune : le Stamp Act Congress adopta une Déclaration des Droits et des Griefs et envoya des lettres ainsi que des pétitions à Londres. Ces documents revendiquaient le pouvoir des assemblées coloniales en matière de taxation, mais aussi le droit des colons à être représenté au Parlement de Londres. Sous l'effet du boycott et des manifestations, le Stamp Act fut finalement abrogé le 18 mars 1766, sans régler la question de la représentation politique des Américains. Il fut remplacé par le Declaratory Act qui marquait un renforcement de l'autorité centrale au détriment des assemblées coloniales52. La crise entre les colonies et le Parlement se prolongea en 1767 avec les Townshend Acts, qui créaient une taxe sur les matières premières importées dans les treize colonies. Elles visaient à financer l'administration coloniale53 et à réduire le déficit budgétaire. Elles prévoyaient en outre un renforcement des contrôles douaniers. En juin 1768, le gouverneur du Massachusetts prononça la dissolution de l'assemblée : les autres colonies affirmèrent leur solidarité avec les représentants. Le 22 septembre, une centaine de délégués du Massachusetts se rassembla en convention54. Londres envoya des troupes supplémentaires pour maintenir le calme à Boston. En mai 1769, devant la Chambre des Bourgeois de Virginie, George Washington lut la proposition de George Mason de boycotter les produits britanniques jusqu'à ce qu'à l'abrogation des Townshend Acts. Le gouverneur de Virginie interdit alors l'assemblée. Le 5 mars 1770, au cours d'une violente manifestation dans le centre de Boston, les soldats britanniques tirèrent sur la foule. Sept personnes trouvèrent la mort dans le « massacre de Boston55 ». Les journaux de la ville firent de l'événement le symbole de l'oppression britannique. La Grande-Bretagne abrogea les Townshend Acts en mars 1770, même si la taxe sur le thé fut maintenue. Le Tea Act fut voté en mai 1773 afin de permettre à la Compagnie anglaise des Indes orientales de vendre son thé aux treize colonies sans acquitter de taxes. Cette loi avait pour but de rétablir les finances de la compagnie en renforçant son monopole, mais elle ruina les marchands indépendants. Le 16 décembre 1773, au cours de la « Boston Tea Party », des colons déguisés en Amérindiens jetèrent plus de 300 caisses de thé par dessus les quais. En représailles, la Grande-Bretagne prit une série de mesures radicales destinées à rétablir l'ordre : le conseil du Massachusetts sera désormais choisi par le roi et les officiers seront nommés par le gouverneur. Le port de Boston fut fermé, les maisons inoccupées furent réquisitionnées pour héberger les soldats britanniques et la procédure judiciaire fut réformée. Ces nouvelles lois, appelées Intolerable Acts par les Américains et Coercive Acts ou Punitive Acts par les Britanniques, marquent une étape décisive dans le déclenchement de la Révolution américaine. modifier Opposition américaineTout au long des années 1760-1770, les colons américains organisèrent la résistance et la protestation à la politique britannique. Ils menèrent des actions violentes et mirent en place des réseaux de solidarité, malgré la diversité et l'étendue des colonies. Les principaux foyers d'agitation furent Boston, New York, Philadelphie et la Virginie. modifier Des actions de plus en plus radicalesLes actions entreprises contre le pouvoir britannique prirent des formes de plus en plus radicales et organisées. Le recours au boycott et aux pétitions dès 1764 à Boston, fut l'une des solutions les plus efficaces contre le pouvoir britannique. De nombreux journalistes et juristes mirent leur plume au service de la cause américaine : l'avocat James Otis (1725 – 1783), à qui l'on attribue généralement la célèbre formule « Taxation without Representation is Tyranny », rédigea plusieurs pamphlets contre la politique coloniale de Londres. En 1764, il publia Défense et démonstration des droits des colonies britanniques56 dans lequel il défendait les droits imprescriptibles et universels des colons en invoquant le philosophe britannique John Locke. En 1767, un autre avocat, John Dickinson, publia les Lettres d'un fermier de Pennsylvanie aux habitants des colonies britanniques dans lesquelles il présentait les raisons du mécontentement américain et qui eurent un grand retentissement57. En 1770, Paul Revere réalisa des gravures de propagande du massacre de Boston (« Massacre sanglant de King Street »)58. En 1770, à New York, Alexander McDougall publia un libelle antibritannique et fut emprisonné59. La période fut également marquée par des débats passionnés dans les assemblées coloniales : en mai 1765, Patrick Henry prononça un discours véhément devant la Chambre des Bourgeois de Virginie qui réclamait la mort du roi de Grande-Bretagne60. Au cours des années 1764-1774, les manifestations se succédèrent pour réclamer l'abrogation des actes. Les violences, au départ sporadiques et limitées, se multiplièrent contre les représentants de l'autorité britannique. Les émeutes urbaines s'en prenaient le plus souvent aux gouverneurs, mais aussi aux agents de douanes et des impôts, dont certains préférèrent démissionner. La foule pouvait utiliser le supplice du goudron et des plumes. En 1765 les émeutiers pendirent et brûlèrent une effigie d’Andrew Oliver, un agent du timbre de Boston. Son bureau fut incendié et sa maison pillée, tout comme celle du gouverneur Thomas Hutchinson. La violence toucha les loyalistes : en 1768-1770, les opposants collaient des affiches injurieuses comportant l'accusation d'« importateur » sur les magasins de ceux qui refusaient de boycotter les produits britanniques61. En 1772, une goélette britannique chargée de contrôler les navires marchands est incendiée par des patriotes au large du Rhode Island : c'est l'affaire du Gaspée. En janvier 1774, John Malcom, un officier des douanes de Boston, est forcé d'avaler du thé bouillant, fouetté, passé au goudron et aux plumes62. modifier Des colons de mieux en mieux organisésLes Fils de la Liberté, une organisation secrète d'opposants américains formée en 1765, mena différentes actions allant de la rédaction de pamphlets à l'érection de poteaux de la Liberté. Le profil sociologique des Fils de la Liberté n'était pas uniforme : on trouvait aussi bien des avocats que des ouvriers. Les représentants les plus importants de ce mouvement étaient Paul Revere, Thomas Young, Joseph Warren, Patrick Henry, John Hancock, James Otis, John Adams et son cousin, Samuel Adams, qui fut le meneur de la rébellion en Nouvelle-Angleterre. Progressivement, les acteurs de la contestation politique cherchèrent à coordonner leurs actions. À la fin de l’année 1772, après l’affaire du Gaspée, Samuel Adams réfléchit à la mise en place des comités de correspondance (Committees of Correspondence). Ils permettraient d'établir un réseau entre les associations des patriotes américains et de relayer les appels au boycott des marchandises britanniques. Au début de l’année suivante, la Virginie se dota du premier comité, auquel participèrent Patrick Henry et Thomas Jefferson63. Des comités de sécurité (Committee of Safety) furent créés par la suite afin d’assurer l’exécution des résolutions prises par les comités de correspondance et par le Congrès continental. modifier Le Premier Congrès continental (septembre-octobre 1774)Au début de l'automne 1774, les treize colonies envoyèrent des députés pour former des assemblées inter-coloniales : d'abord le Stamp Act Congress, puis les Congrès provinciaux (Provincial Congress). En 1774, à la suite des Intolerable Acts, les Bostoniens lancèrent un appel à la solidarité des autres colonies. Au mois de juin, les assemblées du Massachusetts et de Virginie furent dissoutes par les gouverneurs. Joseph Galloway de Pennsylvanie proposa la création d'une chambre bicamérale composée du Parlement de Londres et d'une assemblée nationale américaine. Les décisions budgétaires ne pourraient être entérinées qu'avec l'aval de cette dernière. Cinq États votèrent en faveur de cette proposition, six contre et l'idée de compromis était abandonnée64. L'ultime étape, qui marqua le passage de la contestation à la Révolution65, fut celle du Premier Congrès continental, acte éminemment illégal du point de vue de la métropole : il créa une assemblée politique indépendante, dont le premier but était de coordonner l’action des colonies contre la métropole, avant de se transformer en véritable instrument de gouvernement66. Dès le mois de septembre 1774, les Américains utilisèrent le mot « états » pour désigner les treize colonies d'Amérique67. En octobre 1774, le Congrès continental de Philadelphie exigea la reconnaissance des libertés américaines : il mit en place une Association continentale chargée d'organiser les comités de surveillance ainsi que le boycott des produits britanniques jusqu'à l'abrogation des Intolerable Acts. Le Congrès rédigea une Adresse au peuple de Grande-Bretagne et envoya une pétition au roi. L'assemblée appela les Canadiens à rejoindre les insurgents dans la rébellion, en vain : le Canada resta fidèle à Londres et accueillit même les loyalistes américains dans ce qui deviendra par la suite le Haut-Canada. Alexander Hamilton appela les Antilles britanniques à se révolter68. Enfin, les délégués du Congrès continental décidèrent la tenue d'un Second Congrès continental pour le 10 mai 1775. modifier La guerre d'indépendance (1775-1783)Au début de l'année 1775, les Américains pillèrent les armureries et organisèrent des milices ; cependant, les forces américaines étaient très inférieures à l'armée britannique, en effectif et en qualité. Les actions violentes se multiplièrent contre les intérêts britanniques ; dans un discours prononcé à l'église St. John de Richmond en Virginie, Patrick Henry exigeait « la liberté ou la mort69. » modifier Premiers affrontements dans le Nord (1775)La première bataille opposant les soldats britanniques aux Américains fut celle de Lexington et Concord à quelques kilomètres à l’ouest de Boston (19 avril 1775) : cette première escarmouche, dont l’issue fut favorable aux insurgents grâce à l'intervention des minutemen, fit 73 morts britanniques et 49 morts américains70 et marqua le début de la guérilla. Le 10 mai 1775, le jour de la Prise du Fort Ticonderoga par les Américains, se tint à Philadelphie la première réunion du Second Congrès continental. Ce dernier nomma George Washington à la tête de l’Armée continentale le 15 juin suivant : le général devait organiser des troupes disparates et indisciplinées. Au début de la guerre, l'argent manquait pour payer les soldats et les cas de désertion étaient nombreux71. Cependant les Américains étaient forts de leur détermination et de l'éloignement de la métropole. Le Congrès adressa un nouvel appel au Canada contre la Grande-Bretagne. Le 8 juillet, il envoya la fameuse « pétition du rameau d'olivier » au roi de Grande-Bretagne, une tentative de conciliation finalement rejetée par George III. Les Américains assiégèrent Boston (19 avril 1775 – 17 mars 1776) et perdirent la bataille de Bunker Hill le 17 juin 1775 : les Britanniques restaient maîtres de la ville mais subissaient de lourdes pertes. Ils finirent par se retirer en Nouvelle-Écosse le 17 mars 1776. Les troupes américaines envahirent le Canada et occupèrent Montréal (13 novembre 1775) : mais face à l'hiver canadien et à la résistance de la population, les Américains se retirèrent à la fin de l'année72. modifier La Révolution politique (1776-1777)
La signature de la déclaration d'indépendance. Tableau de John Trumbull.
Le 10 janvier 1776, Thomas Paine publia un pamphlet intitulé Le Sens commun qui connut un succès important et dans lequel il critiquait la monarchie73. Thomas Paine appelait l'Amérique à se séparer de la Grande-Bretagne et proposait une Constitution républicaine. Dans une lettre publiée par le Pennsylvania Packet le 22 avril 1776, il montrait aux Américains tous les avantages d'être indépendant. L'indépendance procurerait le bonheur aux Américains car « c'est une feuille blanche à remplir. »74. Les Américains étaient pour lui un peuple libre et vertueux qui pouvait s'affranchir du passé. L'idée d'indépendance devenait le moyen d'accéder à une vie fondée sur la vertu, idéal suprême de bien des patriotes74. Entre 1776 et 1780, les États américains se dotèrent de constitutions écrites basées sur la foi dans les vertus publiques. Des institutions sommaires étaient perçues comme souhaitables et suffisantes75. Les textes prévoyaient deux assemblées et des élections annuelles : le principe démocratique fut adopté partout par le suffrage censitaire (sauf dans le Vermont où le suffrage masculin blanc fut instauré dès le début)76. La constitution de Virginie (juin 1776) affirmait des droits de l'Homme77, dont plusieurs seront repris dans la Déclaration d'indépendance américaine : c'est la première fois dans l'Histoire qu'un texte constitutionnel énonçait des droits universels et inaliénables78. La constitution de Pennsylvanie (septembre 1776) instaurait l'objection de conscience et la tolérance religieuse78. Les constitutions de cinq États sur treize évoquaient la nécessité d'une instruction publique79. À Philadelphie, après de nombreux débats, le Congrès continental adopta la Déclaration d'Indépendance le 4 juillet 1776 : ce texte, dont l'auteur principal était Thomas Jefferson, représentait l'« acte inaugural de la nation américaine80. » Son préambule, inspiré par les idées les Lumières, proclamait le droit à la liberté, à la vie et au bonheur pour les colons. modifier Avance britannique dans le centre (1776-1777)Après la victoire de Long Island (août 1776), les troupes britanniques de Richard Howe occupèrent la ville de New York en septembre. Les troupes américaines, commandées par George Washington furent contraintes de reculer jusque dans le New Jersey. Malgré les succès de Trenton (26 décembre 1776) et de Princeton (3 janvier 1777), Philadelphie fut occupée par les troupes britanniques à l'automne 1777 : le Congrès dut quitter la ville, ainsi que les 2/3 de la population81. Washington fut battu en Pennsylvanie (Bataille de Brandywine ; Bataille de Germantown) et passa l'hiver à Valley Forge dans des conditions catastrophiques. Cependant, après la bataille de Saratoga dans l'État de New York, le commandant britannique John Burgoyne dut se rendre à Horatio Gates le 17 octobre 1777. Cette victoire américaine encouragea la France à entrer en guerre aux côtés des insurgents modifier Alliance française et victoire finale (1778-1783)
Capitulation de Cornwallis à Yorktown - John Trumbull (1820).
Un traité d'alliance fut signé le 6 février 1778 à Paris entre la France et les États-Unis, grâce à l'action diplomatique de Benjamin Franklin. Les Français espéraient prendre leur revanche sur la Grande-Bretagne. L'Espagne rejoignit l'alliance en mai 1779, suivie par les Provinces-Unies en 1780. Le 18 juin 1778, les troupes britanniques évacuèrent Philadelphie pour se concentrer sur la défense de New York, menacée par une intervention maritime française. La bataille de Monmouth (New Jersey, 28 juin 1778) fut un succès américain. Mais à partir de 1779, les Britanniques attaquèrent les États du Sud : Savannah (Géorgie) fut occupée ; le siège de la ville organisé par les Franco-américains échoua le 9 octobre 1779. Entre mai 1780 et septembre 1781, une série de batailles se déroulèrent en Caroline du Sud qui furent tantôt favorables aux Britanniques (prise de Charleston le 12 mai 1780 ; Camden, 16 août 1780), tantôt favorables aux Américains (Bataille de King's Mountain, 7 octobre 1780 ; Eutaw Springs, 9 septembre 1781)82. La défaite britannique de Yorktown en Virginie (octobre 1781) marqua un tournant dans la guerre. La Chambre des Communes se prononça pour l'arrêt de la guerre le 27 février 1782 et le Premier ministre britannique Lord North donna sa démission le 20 mars. Savannah est évacuée par les troupes britanniques le 11 juillet 1782, Charleston le 14 décembre. Les négociations s'engagèrent avec la Grande-Bretagne et un traité préliminaire fut conclu le 30 novembre 178283. Le traité de Paris signé le 3 septembre 1783 mettait officiellement fin aux hostilités et consacrait la reconnaissance officielle des États-Unis, dont la frontière était portée au fleuve Mississippi. Le traité de Versailles régla les contentieux entre la Grande-Bretagne et les alliés européens de l'Amérique. modifier Naissance de la confédération (1777-1781)L'unité américaine progressa en 1777 : un drapeau fut adopté en juin. La coordination des efforts militaires contre la Grande-Bretagne et de l'approvisionnement de l'armée continentale poussa les Américains à s'unir. Les emprunts et le remboursement de la dette nécessitaient également un renforcement de la centralisation fédérale : la guerre d'indépendance entraîna l’union des anciennes colonies. Le 15 novembre 1777, les Articles de la Confédération furent adoptés par le Congrès continental. Ce texte constitutionnel organisait les treize États en Confédération. Il proclamait l'existence des États-Unis d'Amérique tout en laissant leur souveraineté aux États fédérés. Il imposait une aide armée mutuelle, un congrès élu pour représenter le pays dans les relations internationales. Il jugeait les différends entre les États. Par la suite, les États-Unis se dotèrent d'une ambassade, d'un trésor public, d'une banque84. Les titres de noblesse furent abolis85 et les premiers Départements (ministères) furent mis en place. Les Articles de la Confédération n'entrèrent en vigueur qu'après avoir été ratifiés par les États, c'est-à-dire en mars 1781. Mais pour ses ressources fiscales, le Congrès dépendait en grande partie du bon vouloir des États86. Rien n'était prévu pour que le congrès puisse faire prévaloir son autorité sur les États, tant la croyance en la vertu publique était grande87. Sur les 2,5 millions d'habitants de colonies, seul un faible pourcentage se porta volontaire pour se battre contre les Anglais. Les États réfusèrent de pourvoir au ravitaillement et à l'habillement des troupes de l'Armée continentale88. Les soldats souffrirent de la faim et et du manque de vêtements89. L'élaboration des Articles de la Confédération souleva des oppositions entre les tenants d’un État central relativement fort et les partisans d’une autonomie importante des États fédérés et souverains. Les premiers furent d’abord appelés « nationalistes » puis « fédéralistes ». Les débats portèrent également sur la répartition de la charge fiscale, la manière de voter et l'expansion vers l'Ouest90. modifier La période confédérale (1781-1789)À partir de 1781 siégea un nouveau Congrès, en remplacement du Second Congrès continental. Cependant, les membres de la nouvelle assemblée ne changeaient guère. Les domaines de compétence du Congrès étaient alors peu étendus : postes, poids et mesures, monnaie, citoyenneté. Une monnaie fut fondée en 1785, le dollar, en remplacement des livres britanniques et des différentes unités monétaires étrangères qui circulaient alors en Amérique du Nord91. L'émission de papier monnaie se poursuivit après la guerre. modifier L'expansion vers l'OuestLes territoires situés à l'ouest des Appalaches, attribués aux États-Unis par le traité de Paris furent l'enjeu de rivalités entre les États. En 1784, afin de mettre fin à une situation confuse et menaçante pour l'unité de la jeune nation, Thomas Jefferson proposa qu'ils soient divisés en dix districts, dont chacun deviendrait un État de l'Union dès qu'ils auraient atteint un certain poids démographique. En 1785, le Congrès mit en vente le domaine public, divisé en municipalités (townships)92. L'Ordonnance du Nord-Ouest de 1787 organisa les territoires et y interdit l'esclavage93. Le Congrès consacra l'égalité des enfants en matière d'héritage94. modifier L'agitation militaire et sociale
Une gravure d'époque présentant Daniel Shays (gauche).
La période qui suivit le traité de Paris fut marquée par le marasme économique et par une certaine agitation sociale. En 1783, la conspiration de Newburgh révéla des tensions dans l'armée et souligna l'urgence des réformes institutionnelles. En juin 1783, un groupe de mutins d'un régiment de Pennsylvanie investit le Congrès à Philadelphie et menaça certains délégués, contraints de s'enfuir et de siéger provisoirement à Princeton95 |